Adelin Schweitzer

L’artiste est le maître des objets ; il intègre dans son art des objets cassés, brulés, détraqués pour les rendre au régimedes machines désirantes dont le détraquement fait partie du fonctionnement même ; il présente des machines paranoïaques, miraculantes, célibataires comme autant de machines techniques, quitte à miner les machines techniques de machines désirantes. Bien plus, l’oeuvre d’art est machine désirante elle-même. L’artiste amasse son trésor pour une proche explosion, et c’est pourquoi il trouve que les destructions, vraiment, ne viennent pas assez vite.
L’Anti-OEdipe, Gilles Deleuze – Félix Guattari

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C’est mon père qui avait l’habitude pour m’occuper de me donner toute sorte de machines à démonter. Je passais des heures à les bricoler, les démantibuler, à explorer les rouages et les organes complexes des appareils domestiques les plus divers. J’ai commencé, dans un premier temps par les réduire en miette pour progressivement apprendre à les remonter, et parfois à les remettre en route. Une anecdote qui résonne dès lors comme un élément
fondateur dans ma démarche d’artiste. Celle-ci pouvant se résumer à une expérimentation permanente et empirique de la technique. Une décomposition nécessaire au développement de mon imaginaire. Un jeu perpétuel qui me permet de construire mon langage artistique et de dessiner pour reprendre un concept de Deleuzien, des lignes de fuite hors du cadre global.
Au delà des processus techniques mis en action dans mon travail, j’attache une attention particulière à la relation qui s’établie entre le spectateur et l’objet. La nature de cette relation illustrant bien souvent les limites de l’interactivité à produire une oeuvre.
Dans le même temps, je m’intéresse à l’histoire des technologies, leur influence sur la société, et la place qu’elles occupent désormais dans l’imaginaire collectif. Raison pour laquelle je m’appuie souvent dans la construction de mes dispositifs sur la récupération et le détournement de machines ou de techniques préexistantes.
Si les machines excitent mon imaginaire, elles l’effraient tout autant; ma posture d’artiste figurant dès lors celle du dresseur de fauves…

BIO

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Adelin Schweitzer, 33 ans, plasticien, né le 4 décembre 1978.
deletere – www.deletere.org

Après avoir obtenu son DNSEP en 2004 à l’école supérieure d’art d’Aix-en-Provence, il rencontre l’association Lézarap’art basé dans les quartiers Nord de Marseille où il obtient un espace qui lui permet de poursuivre ses recherches.
En 2005 il présente sa première installation, le VidéoPuncher 1.3 à la biennale d’art Contemporain ARCO à Madrid et participe avec le même projet en 2006 à la manifestation «La villette numérique» à Paris.
A la suite de ces réflexions, naît le projet d’installation ININTERACTIF. En 2007, Adelin enrichit son parcours à l’occasion de différentes collaborations, notamment avec l’artiste Eduardo Cac ou les Bains Douches de Montbéliard.
Il travaille également avec la compagnie Sérial Théâtre et les ateliers SudSide sur la conception mécanique d’un prototype, F.A.C.E.S, projet de sculpture monumentale interactive destiné à l’espace publique présenté à Marseille puis à Chalon dans la rue l’année suivante.
En avril 2008 il montre à Gijón dans le cadre de l’exposition « Arenas Movedisas » son projet ININTERACTIF avant d’organiser sa première exposition personnelle à Marseille. La même année, il part en Angleterre poser les bases de son projet Augmented Reality dans le cadre de Liverpool capitale européenne de la culture.
Depuis 2009 c’est son association avec deux producteurs dans le domaine des arts numériques, ZINC et Seconde Nature qui vont lui permettre de poursuivre ce projet. 2010 marque le début du projet HolyVj, produit par ZINC, avec le « Nice to Meet You » organisé à la Friche belle de mai (Marseille) en janvier.

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Parmi ces oeuvres les plus récentes :
SimStim: Projet d’installation immersive alimenter par les processus de recherche et d’experimentation d’A-reality
HolyVj : Performance vidéo alimentée par un dispositif de skateboard équipé de caméras embarquées.
A-Reality : Projet de marches urbaines basé sur l’utilisation d’une prothèse électronique qui modifie nos perceptions de la réalité.
ININTERACTIF : Projet d’installation qui regroupe des dispositifs interactifs jouant sur le conditionnement technologique du spectateur / acteur.

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